JCPOA : Poutine fustige le bilan européen

Téhéran, 15 mai, IRNA-Le Président russe, Vladimir Poutine, critiquant mercredi la passivité de l’Union européenne pour sauver l’accord nucléaire l'accord – officiellement connu sous le nom de Plan d'action global commun (JCPOA) a fait remarquer que L'Iran pourrait prendre des mesures de rétorsion et se retirer de l’accord mais demain tout le monde oubliera que cela a été déclenché par les États-Unis et que l'Iran le blâme. »

Bien que Moscou estime que le JCPOA devrait être maintenu, il ne peut être sauvé que grâce aux efforts de tous ses signataires, a déclaré M. Poutine lors d'une conférence de presse tenue mercredi, 15 mai, à l'issue de la réunion avec le président autrichien Alexander Van der Bellen.


« La Russie n'est pas une brigade de pompiers, nous ne pouvons pas sauver tout ce qui ne dépend pas entièrement de nous ». A expliqué le président russe.

S’exprimant aux côtés de son homologue autrichien à l’occasion d’une conférence de presse, le chef du Kremlin, a ajouté qu'une telle déclaration « Undiplomatic pourrait blesser les oreilles de nos amis européens. » Poutine a accusé les États-Unis d'avoir désassemblé le JCPOA tout en niant l'incapacité de l'UE à faire quoi que ce soit pour sauver l'accord.

« Les Américains se sont retirés de l'accord, l'accord est en train de s'effriter et les pays européens ne peuvent rien faire pour le sauver, incapables de coopérer et de dédommager l'Iran et ses pertes économiques, » a-t-il expliqué.

Poutine estime qu'il n'est pas tout à fait « Expedient » que l'Iran abandonne complètement l'accord, Téhéran s'y conformant strictement et que le secteur nucléaire du pays est devenu transparent.

« J'ai répété à plusieurs reprises à nos partenaires iraniens qu'à mon avis, il était souhaitable que l'Iran maintienne son accord. » Poutine a dit. « L'Iran pourrait prendre des mesures de rétorsion et dire que cela laisse quelque chose derrière, mais demain tout le monde oubliera que cela a été déclenché par les États-Unis et que l'Iran le blâme. »

Plutôt le ministre russe des Affaires étrangères a défendu Téhéran pour avoir suspendre partiellement ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire conclu en juillet 2015.

A l’issue d’une conférence de presse avec son homologue chinois, le ministre russe des Affaires étrangères avait indiqué que Pékin et Moscou étaient convaincus qu'il était essentiel de maintenir l'accord et que les sanctions unilatérales de Washington contre l'Iran étaient illégitimes et qu’elles visaient notamment à mettre un terme aux exportations du pétrole iranien.

Lavrov a rappelé que le PGAC contient des dispositions claires qui permettent à l'Iran de ne pas respecter ses engagements si les autres parties enfreignent aussi les obligations découlant pour elles de cet accord.

Cette prise de position de Moscou interivent quelques jours après que le président iranien Hassan Rohani ait déclaré dans un discours télévisé qu'il avait informé les cinq signataires restants de l'accord nucléaire à savoir la France, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et l'Allemagne que l’Iran suspenderait quelques-uns de ces engagements pris dans le cadre de l’accord 5+1 conformément aux articles 26 et 36 de JCPOA.

Hassan Rohani a annoncé que Téhéran commencera à augmenter ses niveaux d'enrichissement d'uranium après une période de 60 jours si les cinq signataires restants de l'accord ne permettent pas au pays 'de réaliser des bénéfices' dans les domaines pétrolier et bancaire.

Dans une lettre, remise aux ambassadeurs des cinq pays, Rohani a écrit que l’Iran faisait preuve de patience depuis la décision du retrait US survenue en mai dernier.

«Si les cinq pays se joignent aux négociations et aident l’Iran à atteindre ses objectifs dans les domaines du pétrole et des banques, nous reviendrons au point de départ. Le peuple iranien et le monde doivent savoir qu’aujourd’hui n’est pas la fin du PGAC», a déclaré Rohani.

L'annonce de Rouhani a été faite le 8 mai, soit exactement un an après le retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire de 2015, qui prévoyait la levée des sanctions anti-iraniennes en échange du maintien par Téhéran du caractère pacifique de son programme nucléaire.

Washington a rétabli toutes les sanctions et en a imposé de nouvelles, avec pour objectif de réduire à zéro les exportations du pétrole iranien.


Réagissant à ces évolutions plusieurs autorités européennes dont notamment les partenaires de l'Iran engagés dans l'accord nucléaire (France, Grande-Bretagne, Allemagne), ont réitéré sur l'importance de la sauvegarde de l'accord nucléaire.

La Cheffe de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, a appelé lundi à éviter l’escalade, dans un climat de regain de tension entre l'Iran et les Etats-Unis, avant d’insister sur le soutien européen, par tous les moyens et dans une volonté politique, au Plan global d’action commun sur le nucléaire iranien (JCPOA).

La haute diplomate européenne a émis l'espoir de voir la première transaction entre l'Iran et l'Europe se réaliser d'ici quelques semaines.




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