Journée de Saadi, géant poète humaniste iranien

Téhéran, 20 avril, IRNA-Le 21 avril est selon des documents authentiques, extraits des œuvres même de Saadi, le jour anniversaire de la bienheureuse naissance de ce grand poète classique humaniste iranien. C'est l'occasion d'ouvrir une nouvelle fenêtre à la vie quotidienne en rappelant ses vers qui a appelé à la paix et à la solidarité inter-humaines.

Parmi les géants de la poésie persane, un nom brille d’une douceur et d’une verve particulière. Ce n’est ni celui de l’épique Ferdowsi, ni celui du roi des poètes mystiques Mowlânâ, ni celui du théologien conteur d’amour Nezâmi, et ni celui de l’immense Hâfez. Ce géant se nomme Saadi, le sage poète, dont la langue est d’une saveur unique, dont la plume est vivace. Un poète inimitable qui porta à son point de perfection un genre qu’il renouvela entièrement, celui de la poésie et de la prose moralisante, tout en s’illustrant sans concurrence dans le domaine de l’ode lyrique.

Saadi est l’auteur du Boustân (Le Verger), du Golestân (Le Jardin des Roses), d’un grand nombre d’odes lyriques, d’élégies, de poèmes satiriques et de panégyriques. Son talent s’illustre autant dans la prose, comme on peut le voir dans le Golestân et ses divers morceaux en forme ordinaire, que dans la poésie, qui constitue la plus grande partie de son œuvre.

Pour beaucoup de lecteurs, Saadi est, au-delà d’un conteur et d’un moraliste, l’auteur de ghazals et d’odes lyriques amoureuses, aussi belles, dans un autre genre, que celles de son compatriote Hâfez.

L’influence de la poésie de Saadi était telle qu’elle obtient immédiatement un succès phénoménal et qu’elle occupe désormais une place particulière dans la culture générale et surtout dans la langue persane par le biais des aphorismes qui parsèment ses contes et qui sont très souvent devenus des proverbes. Cette particularité fait très vite connaître cette poésie aux étrangers qui voyageaient en Iran et qui, à leur tour, exportent ce symbole éminent de la culture iranienne.

Ainsi, cette poésie, qui avait elle-même subi l’influence de plusieurs siècles de poésie persane, influe non seulement les futures générations de poètes persans mais aussi tout un pan de la littérature étrangère.

Aujourd’hui, grâce aux travaux des lettrés et orientalistes des deux bords, on peut vaguement dessiner les frontières de l’audience de Saadi en Europe, mais cela ne suffit pas, puisque peu de chercheurs se sont intéressés à l’audience de Saadi en Asie, qui est pourtant de beaucoup antérieure aux premières traductions occidentales.

Quant aux traductions occidentales, la plus ancienne est celle d’André du Ryer qui publia des extraits du Golestân sous le titre de Gulistan ou l’Empire des Roses, de Saadi en 1634, à Paris.

Victor Hugo a emprunté au Gulistân l’histoire d’un merle blanc. Bien d’autres auteurs français lui ont rendu hommage comme l’abbé Gaudin, Sémelet, Chabeaussière, Madame Roland, Eugène Manuel, la comtesse de Noailles, Maurice Barrès, les frères Tharaud, La Fontaine, Guillot de Saix et Aragon.

Il est le plus grand écrivain iranien des 12ème et 13ème siècles. Pourvu d’une imagination impressionnante, il délivre des messages d’un universalisme toujours d’actualité. Ces messages faciles à comprendre fait de lui l’un des plus grands écrivains du monde:

« Les enfants d’Adam (les hommes) sont membres les uns des autres,
Si le destin inflige une souffrance à l’un des membres
Les autres aussi perdront l’aisance
O toi ! qui ne te soucie pas des souffrances des autres
Tu ne mérite pas le terme d' « être humain»


Suivez l'IRNA sur Twitter @Irnafrench
9468**